On a interviewé des personnages historiques – de la comtesse Bathory à Louise Michel en passant par Agrippine, voici le tour de table de notre dernier atelier.

Pour l’exercice, chacun se met dans la peau de son personnage et répond à quelques questions d’une liste « pour bien connaitre quelqu’un » (on en trouve à foison sur internet).
Apparaissent rapidement plusieurs impressions :
Le personnage se répète. Tous les champs de sa vie laissent entrevoir la même caractéristique. C’est un peu comme vouloir modeler un squelette avec une seule longueur d’os.
Le personnage parle de son histoire, de loin, comme un spectateur. Il donne des informations « à plat », comme un article de dictionnaire. Trop d’informations, sans émotion.
Le personnage nous échappe, comme une brume, insaisissable. Il parle par généralités, ne nomme pas, ne date pas, ne se relie pas personnellement à ce qu’il dit.
En faisant cet exercice – en cherchant à répondre à des questions aussi saugrenues, et intimes que « quel était ton métier de rêve quand tu étais enfant », ou « qu’est ce que tu aimes le plus chez ta meilleure amie » – nous avons perçu collectivement l’intérêt de :
- déployer plusieurs dimensions de notre personnage (affective, intellectuelle, morale).
- imaginer ses petits secrets, ses mensonges, ses hésitations, ses cachotteries.
- nous relier personnellement à ce personnage, et voir s’il parle de sa meilleure amie comme nous on parlerait de la notre.
- accepter que notre personnage soit parfois paradoxal, différent en fonction des situations, des rencontres, des contextes.
- préciser les souvenirs marquants de notre personnage, avec le niveau de détails qu’on a chacune pour nos propres souvenirs.
Nous avons aussi remarqué qu’interpréter son personnage en réponse aux questions d’un interviewer perspicace et formé à la dramaturgie, permet de s’amuser, d’aller plus loin dans notre imaginaire. Des réponses fusent, imprévues, naturelles, vivantes.
Et ça donne de la chair aux personnages, des pépites pour l’histoire.
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