Quand le réel est plus fort, plus dingue, plus dérangeant que la fiction.
Voilà plusieurs semaines que les humains sont entrés en hibernation forcée – à contretemps complet de la Nature qui s’éclate et profite de la place libérée. Reclus, recluse.
Voilà plusieurs semaines que nous vivons, dans la tanière d’écriture (et de photographie), à notre rythme régulier d’artisans créateurs, sans vraiment changer de quotidien. Sinon une rigueur plus grande dans la gestion de nos horaires, et de nos états d’âme.

Le monde d’après – et les options possibles. Un monde exsangue, avec des leaders qui se sont votés les pleins pouvoirs. Un monde à l’élan printanier, avec des collectifs qui poussent comme des primevères, des solutions locales aux désordres planétaires.
En attendant, on se raconte des histoires entre nous. On fait vivre des personnages, des univers. On joue. On se déguise. On se parle. On se fait des films.
Et je continue à transmettre le plus simplement et clairement possible aux étudiants, ce qu’est un scénario : une partition de film, où les dialogues s’enchainent comme des mélodies, où les séquences se succèdent piano piano ou fortissimo. Un document écrit pour faire vivre une histoire audio-visuelle. Des mots qui s’alignent pour créer des images et des sons.
Et avant le scénario, il y a l’imagination, la sensibilité, l’observation, et la confiance. Quatre domaines qui se travaillent et se musclent aussi pour devenir raconteur professionnel d’histoires audio-visuelles.
Quatre domaines sur lesquels on pourrait chacun et chacune s’entrainer et progresser dans la perspective d’un monde d’après qui nous enchante. Du chaos naissent les étoiles. De ce grand chambardement printanier de 2020, naitront sans doute des vocations et des histoires pour nous emmener collectivement sur des chemins plus sympathiques.
Laisser un commentaire